*J'me sens pas belle*

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Le pr0blème, quand 0n a été gr0sse un j0ur,
C'est que peu imp0rte le p0ids qu'indique la balance,
Dans sa tête, 0n le restera t0uj0urs.


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________________________________________*J'me sens pas belle*_______________________________________

# Posté le lundi 18 février 2008 16:56

« Biiiiiiiiiiiiiiiip » Octobre 2oo7.

___Il ne pensait plus à elle. Hum... Peut-être n'était-ce pas tout à fait exact. Simplement, il n'en parlait plus. Il faisait comme si elle n'avait jamais existé et c'était bien comme cela. Qui pourrait bien prouver qu'elle habitait toujours ses rêves les plus secrets ? Qu'elle était toujours celle aux côtés de qui il aurait voulu s'éveiller ?
___Il avait épousé une femme aimante qui prenait soin de lui. Jolie mais pas bête, elle avait toujours eu le sentiment de ne pas le posséder totalement. Avec le temps, elle avait fini par se dire qu'il était juste préoccupé par son travail.
___En réalité, il se noyait dans le travail. Non pas que le sien soit particulièrement passionnant, il lui permettait au moins de ne plus réfléchir. Il avait choisi la facilité pour « oublier ».
___De la même façon, il avait épousé cette fille très douce qui ne serait jamais plus que sa meilleure amie, tandis que l'amour de sa vie s'en allait, l'abandonnant, sans se retourner.
___Mais aujourd'hui tout est différent. Il va mourir. Il le sait. Il l'a deviné dans le regard du médecin, avant que celui-ci ne tripote tout les boutons de la machine reliée à son bras par un fin tuyau de plastique. Elle émet un « bip bip » de moins en moins régulier. Il revoit des flashes de sa matinée. Matin pluvieux de novembre. Bête accident de voiture. Qu'est-il arrivé déjà ? Il a oublié. Ensuite, les murs blancs et le sourire plein de compassion de l'infirmière. Le joli cul de l'aide-soignante aussi.
___Combien de temps peut-il lui rester ? Il songe à sa femme qui n'a jamais pu lui donner d'enfants. Elle aurait voulu pourtant. Il pense qu'elle a souffert. oh ça oui, elle en a bavé ! Elle va être bien seule sans lui à s'occuper maintenant...
___Soudain, la porte s'ouvre. Il perçoit le picotement familier dans tout son corps. C'est impossible... Mais si, c'est elle ! Son fantôme, la seule qu'il ait su aimer à s'en brûler le coeur. Sa bouche est sèche. Elle s'avance, sans rien dire, légère comme une plume. Elle tente un pâle sourire. Il est paralysé. Il pense qu'elle est bien plus belle encore que dans ses souvenirs. Le « bip bip » s'accélère.
___Est-il en train de rêver ? ou peut-être que juste avant de mourir, on voit ce que l'on désire le plus au monde ? Alors c'est vrai, il va mourir ? Il attrape le verre d'eau sur sa table de chevet et boit à petites gorgées. Il ne détache pas son regard de cette ombre furtive. Les yeux mi-clos, il la voit se pencher vers lui.
___Depuis combien de temps attend-il ce baiser ? Ses yeux se ferment tandis qu'il repense aux instants avec elle, l'amour passionné, celui qui vous vide lorsqu'il vous quitte un soir d'hiver.
___Ses yeux ne se rouvriront plus. Biiiiiiiip.
« Biiiiiiiiiiiiiiiip » Octobre 2oo7.

# Posté le dimanche 03 février 2008 16:58

« Météo du coeur » Janvier 2oo7 (?).

___Il pleuvait le jour où elle l'avait rencontré. De ces longues pluies que l'on pense ne jamais voir s'achever. Une pluie fine qui ruisselait sur la devanture de la petite boulangerie en face de chez elle. De sa fenêtre, elle avait observé un moment les gens qui se pressaient dans la rue, se protégeant de tout ce qui leur passait sous la main : mallettes, pulls, et accessoirement, parapluies. Elle s'était amusée de leur panique soudaine d'être mouillé.
___Et puis elle s'était décidée à sortir. Elle aimait la pluie. Elle avait laissé l'eau lui couler dans les cheveux, sur les joues et dans le cou... Soudain, elle s'était sentie observée à son tour. Il la regardait, abrité sous un porche. Il avait souri, et l'avait rejointe dans sa danse avec la pluie. Ils avaient bu un café et ne s'étaient plus quittés.
___Il pleuvait aussi pour leur dernier soir. C'en était trop, il était parti dans un bruit de vaisselle brisée et de pluie battant au carreau. Quand elle y repensait, leur histoire était parsemée de pluie. Comme ce jour où ils avaient planifié depuis si longtemps un pique-nique et qu'il avait fait un orage si fort qu'ils avaient dû rentrer à toute vitesse. Il y avait aussi cet après-midi sur la plage de Cabourg, où une pluie glacée était tombée sur eux et les avait fait se réfugier dans un café en riant. Tout cela lui semblait si loin. Ce n'était pourtant que quelques semaines, mois auparavant.
___Que restait-il de lui ici ? Un vase ébréché, offert par sa mère. Des débris d'assiettes qui avaient volé lors de la fameuse dernière dispute. Et leur amour, brisé. Tout semblait cassé autour d'elle, détruit, inutilisable. Une averse coulait sur ses joues, mais aujourd'hui, il ne s'agissait pas de pluie. Ses larmes coulaient et s'écrasaient au sol tandis qu'elle se remémorait leur histoire. Cela n'avait pas duré plus d'un an, mais cela avait été si intense, rapide, qu'elle en avait perdu tout ses moyens. Ce soir-là, comme les soirs précédents, elle pleura en pensant à lui. L'orage était passé mais le beau temps n'en demeurait pas moins lointain.
« Météo du coeur » Janvier 2oo7 (?).

# Posté le jeudi 24 janvier 2008 16:37

« Nuit d'été » Juillet 2oo6.

« Nuit d'été » Juillet 2oo6.
___Elle a rêvé de lui cette nuit-là. Elle s'est réveillée dans la douceur du jour qui se lève, son étreinte s'est resserrée dans le vide, à la place où il aurait dû être. Ses yeux se sont ouverts et elle a compris. Compris qu'il n'était pas là... Qu'il ne le serait peut-être jamais plus. Son réveil indiquait cinq heures. Elle s'est levée et a refermé la fenêtre et les volets malgré une chaleur déjà étouffante. Puis elle s'est recouchée, roulée en boule dans son lit, les larmes coulant malgré elle sur ses joues. Son oreiller était trempé de ses pleurs mais elle n'en changerait pas. Elle ne bougerait plus jusqu'à son retour. Peu importe qu'il revienne dans trois jours, trois mois ou trois ans. Au-dehors les oiseaux chantaient, un bébé pleurait et une voiture s'arrêtait au coin de la rue en faisant crisser ses pneus. Mais rien de tout cela ne la perturbait. Elle était perdue dans ses pensées, loin, avec lui.
___Elle l'aimait.

# Posté le lundi 21 janvier 2008 16:00